« Mais qu’est ce qu’i fait ??? Pédaaaaale – vas-y Pédaaaaale !!! »
Qui n'a pas entendu ces encouragements (souvent survoltés, parfois hystériques …) aux bords des pistes lors des "petites courses"? On les entend d’autant plus que le pilote ainsi encouragé est dans les derniers de sa race.
Si il ne « pédaaaaale » pas, c’est peut-être simplement parce qu’il ne peut pas. Alors pourquoi ?
- Ceux qui mènent la course sont rapides, ce qui donne une impression de lenteur pour les autres. Pourtant notre pilote fait un réel effort. Il devra s’entraîner plus et/ou mieux.
- Le pilote n’a pas suffisamment de technique et perd de la vitesse au lieu d’en gagner sur les bosses.
- Il a peut être peur des bosses ou des conséquences d’un franchissement non maîtrisé. Ceci explique souvent les arrêts de pédalage bien avant les bosses.
- Le pilote n’a pas le « physique » pour rouler vite (puissance, vélocité, résistance)
- Son vélo et son développement* ne sont pas adaptés (compte tenu de sa taille, de sa force ...)
Les premières hypothèses concernent le pilote et son niveau d’entraînement. Pour la dernière, il s’agit de mécanique (en lien avec le « physique » du pilote). Ainsi, le manque de performance est peut être du à un développement et des manivelles inadaptés.
Deux constats :
- Pour l’achat d’un bicross, on conseille, pour ne pas trop effrayer les parents sur le renouvellement du matériel, l’acquisition d’un vélo un peu grand. De ce fait, les manivelles seront certainement trop longues.
- Les bicross sont toujours vendus avec un développement d’origine long (pourquoi ?)
Cas de figure:
- Développement trop long : musculairement trop difficile pour le pilote. Il ne pourra pas tourner ses manivelles, n’arrivera pas à sortir vite de la grille, à relancer et fatiguera rapidement.
- Développement trop court : trop facile à pédaler (d’autant plus si les manivelles sont longues), les appuis « pédales » sont mous. Une fois le vélo lancé il est difficile d’entraîner la roue libre. Par contre la sortie de grille pourra être bonne.
- Manivelles trop longues : plus de force du fait de la longueur du bras de levier, mais perte de vélocité puisque la circonférence du cercle à parcourir par les pédale est plus grande. Déhanchement possible au pédalage.
- Manivelles courtes : moins de force (petit bras de levier) mais moins de temps pour faire un tour de manivelles donc plus de vélocité et de facilité pour « rattraper » et entraîner la roue libre.
Les catastrophes :
- Manivelles trop courtes et développement trop grand (trop dur)
- Manivelles trop longues et développement trop court (trop mou)
Dans notre sport, il faut rechercher la vélocité afin de pouvoir lancer ou relancer rapidement et maintenir une haute fréquence de pédalage avec le plus long développement possible. Il faut donc trouver le compromis qui harmonisera vélocité (à privilégier chez les plus jeunes) et force.
Il n'est pas évident d’investir et de bricoler un pédalier quand on pratique le bicross en loisirs. Mais dans tous les cas et pour que le pilote se fasse plaisir, n’hésitez pas à lui changer sa couronne.
La vélocité, c’est du travail mais il faut rechercher le « Ouah !!! T’as vu sa vitesse de pédalage ??? »
*Développement = distance parcourue par le vélo avec un tour de manivelle. Il se calcule avec le diamètre de la roue, le nombre de dents de la couronne et de la roue libre.